Les couples mixtes chrétiens « en avance » sur leurs Églises
‣Aujourd’hui s’ouvre la Semaine de prière pour l’unité des chrétiens. ‣Catholiques, protestants et orthodoxes ont assez peu d’occasions de se fréquenter, lorsqu’ils ne sont pas engagés dans des actions œcuméniques. ‣Les « couples mixtes » chrétiens, eux, vivent cette unité au quotidien.
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PinOGES/CiRiC AlAin Mariage mixte, catholique et protestant, en présence d’un pasteur et d’un prêtre, au Havre. |
Au début de leur mariage, elle le confesse volontiers, Brigitte BellamyBrown a pensé « pouvoir convertir » Jacques. Élevée dans une famille catholique, celle-ci ne savait alors que peu de chose sur l’Église réformée. Le fait de s’unir à un protestant, elle le pressentait, ne serait pas sans conséquences : n’était-ce pas là un danger pour l’harmonie du couple ? Pourtant, rapidement, ses velléités de prosélytisme vont tourner court, et la jeune épouse choisit d’envisager cette dualité comme une chance.
« Je me suis vite aperçue que nous étions d’accord sur le fond et partagions la même foi. Cela m’a rassurée lorsque nous nous sommes engagés »,résume cette mère de quatre enfants, qui mesure son « enrichissement » . « Dans ma famille , se souvient son mari, Jacques, l’œcuménisme était déjà vécu par mes parents, en particulier mon père, qui avait l’habitude, dans la Marine, de côtoyer des aumôniers catholiques. Je me suis senti très bien accueilli dans la famille de Brigitte, même si j’avais l’impression d’être parfois pour eux une énigme. »
Une énigme ? Il est vrai que les « couples mixtes » chrétiens bousculent parfois ceux qui les côtoient. Beaucoup, d’ailleurs, finissent par se fixer dans une même Église – souvent parce que l’un des deux est moins enraciné dans sa foi. Mais d’autres font le choix d’assumer cette double identité, de la cultiver, même : « Grâce à mon mari, j’ai redécouvert le sens du sacré et la beauté de la liturgie », confie Laure Arjakovsky, dont le mari, Antoine, est orthodoxe. Codirecteur d’un département du Collège des Bernardins, celui-ci reconnaît, réciproquement, avoir appris du catholicisme : « Je me rends compte que dans les églises orthodoxes, on a du mal à s’organiser pour mener des actions de solidarité internationales, illustre-t-il. Certes, on peut discuter ce côté vertical, centralisé, mais il est aussi nécessaire à l’Église. » Issue d’un milieu catholique et mariée à l’éditeur évangélique Jonathan Boulet, Anouck, 32 ans, pose elle aussi un regard apaisé sur sa situation : « Notre différence a été plutôt un enrichissement qu’un problème, assure cette Lyonnaise. Dans les moments de difficultés, notre foi commune nous a permis de nous rassembler. »
De fait, selon l’analyse du P. Franck Lemaître, directeur du service pour l’unité des chrétiens à la Conférence des évêques de France, ces foyers mixtes sont à bien des égards « en avance » sur l’état des relations entre leurs Églises. Grâce aux progrès de l’œcuménisme, ajoute le dominicain, « leur accueil se passe généralement bien » dans les paroisses. C’est ce qu’ont pu constater, en région parisienne, Éric et Laure Lombard. Lui est protestant, elle est catholique : « Il arrive que mon épouse se rende au temple avec les enfants, en mon absence. Pour ma part, j’ai appris à aimer la célébration du Jeudi saint, et le curé me salue à la sortie de la messe. » En somme, tout en ayant « conservé » ses racines, le couple affirme se sentir « adopté » d’un côté comme de l’autre.
Pourtant, il n’est pas rare que surviennent des turbulences. Parfois à la naissance d’un enfant. Ou lorsque le couple est confronté aux réticences d’un prêtre, d’un pasteur. C’est pour « rompre cet isolement » qu’a été fondée l’Association française des foyers mixtes interconfessionnels chrétiens (Affmic), qui rassemble 200 couples à travers la France. Son président, Julien Vielle, organise des rencontres régulières tout en offrant une « bibliothèque » virtuelle (1), avec des fiches pratiques à destination des couples.
Parmi leurs interrogations récurrentes, l’éducation. Il semble que chacun s’attache à transmettre cette double culture, sans qu’il y ait de recette miracle : chez les Arjakovsky, les enfants reçoivent un parrain catholique et une marraine orthodoxe (ou inversement) et sont imprégnés des deux traditions. Chez les Lombard, ils ont été baptisés « alternativement » à l’église et au temple, « mais toujours en présence des deux ministres » . Pour les Boulet, en revanche, pas de baptême : si les parents veillent à transmettre leur « foi personnelle au Christ », tous deux préfèrent leur « laisser le choix » .
Au fond, la principale difficulté réside sans doute dans la communion eucharistique : la plupart des témoins interrogés disent communier en dehors de leur Église mère.
« Cela me paraît naturel et je suis en paix avec ce choix »,affirme Jonathan Boulet, tout en admettant qu’il en va de sa responsabilité de « creuser cette question ». Pour Laure Arjakovsky, cette décision a été le fruit d’une évolution : « Au début de notre mariage, on se disait que lorsque l’un de nous s’avançait pour communier, l’autre communiait avec lui spirituellement. Mais au fil du temps, des prêtres, catholiques et orthodoxes, nous ont autorisés à recevoir l’Eucharistie. D’autres se montrent plus réticents. À mon sens, il faut que cela bouge. »
Même si elle suscite parfois des réserves, « l’hospitalité eucharistique » existe bel et bien au sein de l’Église catholique, sous le discernement de l’évêque, et pour des cas précis. Les évêques de France ont publié une note en ce sens en 1983, dans le sillage des instructions de Vatican II : « Dans le cas où des prêtres et des fidèles catholiques accueillent des frères protestants à la table eucharistique, une hospitalité authentique suppose de la part de ces derniers un “réel besoin” ou un désir spirituel éprouvé, des liens de communion fraternelle profonds et continus avec des catholiques. » Des liens, précise la note, tels qu’ils sont vécus « dans certains foyers mixtes et dans quelques groupes œcuméniques durables » . La question reste toutefois délicate entre catholiques et orthodoxes, ces derniers étant réticents vis-à-vis d’une telle hospitalité.
« Il arrive que mon épouse se rende au temple avec les enfants, en mon absence. Pour ma part, j’ai appris à aimer la célébration du Jeudi saint. »
Bilan de l'année 2010 de l'association
Lors de la création de l’association en Septembre 2009 , nous avions insisté sur certains objectifs prioritaires à poursuivre :
-La catéchèse œcuménique
-Les groupes de FM , avec si possible une rencontre annuelle des FM Lyonnais et de la région
-Les célébrations trimestrielles dans les paroisses
- le site internet de l’association : www.foyersmixteslyon.fr
- relations extérieures
- appel à cotisation
1-L’année 2010 aura permis d’effectuer la transition de la catéchèse du CSI vers la catéchèse œcuménique d’Oullins. Cette intégration semble se mettre en place progressivement. Les enfants sont maintenant bien accueillis, et les responsables de la catéchèse d’Oullins apprécient ce nouvel élan apporté par l’arrivée de familles motivées.
(L’année 2011 permettra de consolider la participation des enfants issus du CSI et de réfléchir sur une catéchèse pour les plus de 12 ans. Ceux ci ont la possibilité d’intégrer la catéchèse de la paroisse Réformée du Change soit l’aumônerie catholique des collèges.
Une réflexion sur une catéchèse œcuménique pour cette tranche d’age est à conduire.)
2-Un des 4 groupes de FM a arrêté ses activités en Juillet 2010, les 3 autres poursuivent leurs rencontres mensuelles. Le groupe « juniors » vient de s’enrichir de la présence du pasteur Jean-Marc Violet comme accompagnant aux côtés du père Beaupère .
par ailleurs un nouveau couple a intégré le groupe « Benjamins ».
Au printemps un week-end de FM s’est déroulé à Pomeyrol .Avec un magnifique soleil de mois d’avril nous étions une vingtaine d’adultes et une vingtaine d’enfants de tous âges à réfléchir sur les objectifs de la nouvelle association..
3-La première célébration sous la nouvelle forme s’est déroulée début décembre, au Grand Temple, préparée par le groupe Benjamins .
4- On peut noter également la consolidation du site internet qui grâce à Brigitte est régulièrement remis à jour et est en train de devenir l’outil de communication des FM lyonnais avec les agendas, des évènements et des prédications .
5-On peut noter également le bon travail en synergie avec les associations plus larges puisque plusieurs couples lyonnais sont associés aux travaux de l’association nationale française (AFFMIC) et ont participé au week-end de réflexion de l’association suisse (AFI-CH) à Vaumarcus (Suisse).
- 6Nous appelons donc les FM lyonnais à s’engager en renouvelant leur cotisation pour 2011 (40€ par couple) à régler :
Soit directement au trésorier Pierre Louis Ravel : 3 bis, rue Marius Audin 69003 Lyon
Soit auprès d’un membre du bureau faisant partie de votre groupe


